Dès 1912, le rôle du charbon dans le réchauffement climatique était connu

En 1912, cet article éviquait déjà le rôle du charbon dans le changement climatique.
En 1912, cet article éviquait déjà le rôle du charbon dans le changement climatique.

Décidément, nous ne pourrons pas dire que nous n’étions pas prévenus. En 1912, un article néozélandais évoquait l’influence de la combustion du charbon dans le réchauffement planétaire. Pourtant 106 ans plus tard, le charbon représente toujours un quart de l’énergie primaire dans le monde et le mercure grimpe.

C’est à peine une petite brève dans les colonnes d’un quotidien néozélandais daté du 14 août 1912, Rodney and Otamatea Times, Waitemata and Kaipara Gazette… il y a 106 ans. Celle-ci évoquait déjà sans aucune ambiguïté l’impact de la combustion du charbon dans le réchauffement climatique. Elle est intitulée "La consommation de charbon affecte le changement climatique".
Voici le texte traduit en intégralité : "Les fourneaux du monde brûlent actuellement environ 2 milliards de tonnes de charbon par an. Lorsque ceci est brûlé, s’unissant avec de l’oxygène, il ajoute environ 7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère chaque année. Cela fait de l’air une couverture efficace pour la terre et tend à augmenter sa température. L’effet peut être considérable dans quelques siècles".
Malgré cette ancienne alerte, la production de charbon n’a cessé de croître depuis un siècle. De 2 milliards de tonnes lors de la rédaction de cet article, elle est passée, en 2017, à plus de 7,5 milliards de tonnes, dont la moitié en Chine, selon les données de l’Agence Internationale de l’Énergie. Le charbon représente toujours plus d’un quart de l’énergie primaire dans le monde.
Première occurrence en 1896
Si cette petite brève semble être la première occurrence du réchauffement climatique dans la presse grand public, ce phénomène a été évoqué auparavant dans la presse scientifique. Ce petit texte apparaissait in extenso, en mars 1912, dans une légende du mensuel scientifique Popular Mechanics au sein d’un long article sur des anomalies climatiques survenues lors de l’année 1911.

Le site Snopes, qui vérifie la véracité des informations parues sur le web et qui a validé l’authenticité de cet article de 1912, rapporte que la première mention d’un effet de serre accru d’origine anthropique remonte à 1896.
À une décennie près
Dans The London, Edimbourg and Dublin Philosophical and Journal of Science, le suédois Svante Arrhenius publiait une étude nommée "Sur l’influence de l’acide carbonique dans l’air sur la température au sol". Cependant, il n’évoque pas alors l’impact de la combustion des énergies fossiles sur les concentrations de CO2.
Début août, le New-York times publiait une longue enquête mettant en évidence que l’essentiel de la connaissance scientifique sur le réchauffement climatique était connu en 1979. Alors, le monde avait failli s’organiser pour mettre en place des plafonds d’émissions qui auraient alors permis de limiter le réchauffement à 1,5°C en 2100. Mais ce fut un échec.
Ludovic Dupin @LudovicDupin

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