Chaque jour, le club des pays interdisant les sacs plastiques à usage unique grossit. Le dernier en date : le Burundi, quelques jours après la Nouvelle-Zélande et le Chili, premier pays d’Amérique du Sud à franchir le pas. Ce mouvement d’une soixantaine de pays symbolise une vraie prise de conscience. Reste à faire appliquer les lois et à les étendre à d’autres plastiques à usage unique comme les pailles et les gobelets.
5 000 milliards de sacs utilisés chaque année
Suivant la marche de l’histoire, le 4 août, le Chili est devenu le premier pays d’Amérique du Sud à les interdire. "Ce que nous proposons est simple : nous voulons changer le mode de vie des Chiliens. Nous voulons passer de la culture du jetable à celle du durable", a déclaré le chef de l’État Sebastian Pinera. Et la tâche s’avère ardue : les Chiliens utilisent 3,4 milliards de sacs par an. À l’échelle mondiale, selon l’ONU, la consommation est de 5 000 milliards par an, soit 10 millions par minute !
Actuellement, une soixantaine de pays a choisi d’interdire ces petits sacs, symbole de la pollution, notamment maritime. Dès les années 1990, quelques pays ont pris à bras-le-corps le problème. Le Danemark a fait figure de pionnier en instaurant une taxe en 1994. En 2002, le Bangladesh décide de les interdire définitivement. En cause, les canalisations bouchées par les tonnes de sacs plastiques et qui provoquent des inondations. C’est également ce qui a poussé la République démocratique du Congo à les bannir en 2017.
Faire appliquer les lois
Mais la loi reste encore à être appliquée. En RDC, les supermarchés traditionnels la respectent, mais les petites épiceries, fréquentées par la majorité des congolais, ne jouent pas le jeu. Les vendeuses de pain, de sel ou d’huile de palme continuent à servir leurs clients avec des sacs en plastique. Depuis le décret d’interdiction de décembre 2017, le gouvernement multiplie les initiatives dissuasives.
"Les emballages interdits seront non seulement confisqués et incinérés, mais vous devrez payer des amendes et pénalités comme prévues par le décret", mettait en garde, en avril, le ministre de l’Industrie Marcel Lewu.
Les sacs plastiques, une première étape
Reste que le plus gros consommateur de sacs plastique manque encore à l’appel : les États-Unis. Son système fédéral impose un cas par cas. Ainsi la Californie a été le premier État américain à bannir les sacs plastiques en 2014.
Une décision saluée par les associations environnementales, mais qui parait encore trop frileuse. Car les sacs plastiques, très légers, ne représentent qu’une petite partie de la production. Bruxelles planche ainsi sur une interdiction de plusieurs objets plastiques à usage unique comme les gobelets, cotons tiges ou pailles. La Commission européenne a soumis sa proposition au Parlement et au Conseil européen. La loi ne devrait pas voir le jour avant 2020.