Dégradation des plastiques : une source oubliée (et dangereuse) d’émissions de gaz à effet de serre

Une plage de Bali souillée par des déchets plastique. - @DR
Une plage de Bali souillée par des déchets plastique. – @DR

Selon une étude de chercheurs de l’Université d’Hawaï, la dégradation des plastiques émet des quantités significatives de méthane et d’éthylène, épuisât gaz à effet de serre. Et, alors que 8 milliards de tonnes de plastiques ont été produits sur la planète, l’impact de cette source de carbone sur le réchauffement climatique n’a pas encore été pris en compte.

Décidément, le plastique est en train d’échapper compltement à notre contrôle. On le voit flotter sur tous les océans de la planète, on le retrouve au fond des abysses, on le déniche dans l’estomac des animaux marins… Mais désormais, on découvre qu’il est possiblement en train d’impacter lourdement l’atmosphère de la planète.
C’est l’inquiétant constat que publie des chercheurs de l’université des sciences et technologie d’Hawaï dans la revue Plos One. Selon leur étude, les déchets en plastique libèrent aussi des gaz à effet de serre en se dégradant, contribuant probablement au réchauffement climatique.
Ces émissions de gaz – comme le méthane ou l’éthylène – ne sont pour l’heure pas prises en compte dans les calculs des scientifiques tentant de mesurer la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre et leur impact sur le climat, selon les chercheurs.
Budget carbone
Ces deniers ont mené des tests sur tous types de produits – bouteilles d’eau, sacs, emballages ou produits industriels – et sont arrivés à la conclusion que le polyéthylène, le polymère le plus répandu, "était l’émetteur le plus prolifique".
Les chercheurs n’ont pas encore déterminé la quantité de gaz à effet de serre ainsi libérée, "mais il est urgent de le faire", a souligné David Karl, l’auteur principal de cette étude. Cette source de gaz à effet de serre "n’est pas encore prise en compte dans les calculs pour les cycles du méthane et de l’éthylène, et pourrait s’avérer significative", insiste-t-il.
"Notre découverte apporte encore une fois la preuve qu’il faut arrêter la production de plastiques à la source, en particulier les produits à usage unique", a affirmé une co-auteure de l’article, Sarah-Jeanne Royer. Depuis 70 ans, environ 8 milliards de tonnes de plastique répandus sur terre et une production qui est prévue de doubler dans les deux prochaines décennies.
Ludovic Dupin avec AFP

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