Après des pays industrialisés et quelques États en Afrique, la République démocratique du Congo tente à son tour d’interdire les sacs plastique à usage unique, nuisibles pour l’environnement et qui bloquent les canalisations à Kinshasa. Après avoir publié un décret en ce sens en décembre 2017, le gouvernement multiplie les interventions sur le terrain pour le faire appliquer.
Depuis quelques jours, dans les supérettes de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), les sacs plastique distribués aux caisses semblent avoir disparus. "La semaine dernière, le ministre de l’Industrie est passé ici à deux reprises. Il a même emporté tous les emballages en plastiques que nous gardions ici", explique ainsi le caissier d’une supérette de la commune résidentielle de la Gombe à l’AFP.
Outre l’enjeu environnement, il y a urgence pour le pays. Début janvier, des inondations avaient provoqué la mort de 45 personnes à Kinshasa. En cause notamment : les déchets, parmi lesquels les sacs plastiques, qui avaient obstrué les canalisations et les cours d’eau de la capitale.
En réalité, un décret de décembre 2017 interdit la production, l’importation, la commercialisation et l’utilisation des sacs, sachets et autres emballages en plastique. "Les emballages interdits seront non seulement confisqués et incinérés mais vous devrez payer des amendes et pénalités comme prévues par le décret", avait déjà mis en garde en avril le ministre, Marcel Lewu.
Les déchets plastiques, causes d’inondations meurtrières
Les supermarchés ont dû trouver des alternatives : les marchandises sont désormais servies dans des sacs en synthétique réutilisables vendus aux alentours de 500 francs (0,3 dollars) ou servies dans des sacs biodégradables. Mais dans les petites épiceries, fréquentées par la majorité des 70 à 80 millions de congolais qui privilégient ces circuits – parfois informels – aux supermarchés trop chers, le résultat est plus aléatoire.
Les vendeuses de pains, de sel, d’huile de palme et d’autres ressources continuent à servir leurs clients avec des sacs en plastique. C’est sur ce type de circuits que les autorités congolaises ont déjà échoué par le passé à faire appliquer ce genre de mesure.
Béatrice Héraud avec AFP