Vol de documents sensibles dans l’affaire Lactalis : des parents portent plainte

En janvier, plusieurs bébés ont contracté la salmonellose après avoir bu du lait infantile Lactalis. - Pixabay
En janvier, plusieurs bébés ont contracté la salmonellose après avoir bu du lait infantile Lactalis. – Pixabay

Alors qu’une enquête est en cours concernant l’affaire des laits infantiles Lactalis contaminés à la salmonelle, le Canard Enchaîné vient de révéler que plusieurs documents sensibles liés à cette affaire avaient été dérobés dans les bureaux de la Répression des fraudes. Des parents viennent de porter plainte pour "dissimulation de preuves", un mois seulement après la réouverture de l’usine incriminée.

L’affaire Lactalis de nouveau sous les projecteurs. Mercredi 29 août, le Canard Enchaîné a révélé que des documents liés à l’affaire des laits infantiles contaminés à la salmonelle avaient été dérobés dans les locaux de la Répression des fraudes (DGCCRF). Ce jeudi 30 août, selon l’AFP, des parents ont porté plainte à Paris pour "dissimulation de preuves".
Concrètement, trois ordinateurs et une tablette ont été volés lors du cambriolage. Selon le Canard Enchaîné, ils contenaient des documents sensibles liés à l’affaire Lactalis. Ces éléments étaient "liés à ce scandale pour lequel le parquet de Paris avait ouvert en décembre une enquête pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d’autrui" selon une source proche du dossier. 
"Le groupe Lactalis est protégé" 
La DGCCRF assure pourtant qu’aucun document issu de l’enquête pénale n’a été dérobé mais qu’un des ordinateurs volés contenait des informations "relatives à la gestion administrative du retrait" des produits Lactalis. "L’hypothèse d’un vol ciblé n’est pas établie à ce stade des investigations" confiées au commissariat du XIIIe arrondissement, "notamment parce que d’autres effets ont été volés dans différents étages et bureaux", a indiqué la source proche du dossier à l’AFP.
Pour Me Yassine Bouzrou, l’avocat qui représente le couple ayant déposé plainte, le Parquet de Paris "privilégie naïvement la thèse du hasard (…) Cette position renforce l’hypothèse que le groupe Lactalis est protégé, d’autant que l’usine incriminée a pu réouvrir", dénonce-t-il.
Lactalis, la grande distribution et l’État mis en cause 
En janvier, 37 bébés ont été atteints de salmonellose après avoir consommé des produits d’alimentation infantile sortis de l’usine de Craon en Mayenne. L’entreprise, les distributeurs et l’État ont été mis en cause par les associations et familles des victimes.
D’une part Lactalis "a fait preuve d’amateurisme, aux dires mêmes du ministre de l’économie, Bruno Le Maire", souligne Foodwatch, ONG de défense des consommateurs. Ensuite la grande distribution a continué à vendre des milliers de produits dangereux malgré les rappels. Enfin, les autorités sanitaires avaient bien contrôlé le site Lactalis de Craon, en septembre, donc avant le scandale, mas sans détecter aucune trace de salmonelle. Or le groupe laitier, qui avait mené deux enquêtes en interne, avait bien découvert la bactérie en août, soit un mois avant le passage des contrôleurs.
Le 4 juillet, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en concertation avec le préfet de Mayenne, a donné son accord à "la reprise progressive des activités de conditionnement et de séchage des poudres infantile". La production ne sera pas commercialisée pour l’instant et reste sous contrôle des services d’inspection.
Marina Fabre @fabre_marina avec AFP 

Aller au contenu principal