Teknival : trois associations écologistes portent plainte pour « destruction d’habitat »

Un Teknival s'est tenu pendant quatre jours sur une ancienne base militaire de l'Otan, aujourd'hui classée Natura 2000. - @GuillaumeSouvant/AFP
Un Teknival s'est tenu pendant quatre jours sur une ancienne base militaire de l'Otan, aujourd'hui classée Natura 2000. – @GuillaumeSouvant/AFP

Trois associations françaises de protection de l’environnement ont annoncé porter plainte pour "destruction d’habitat" sur le site du nord de la France, classé Natura 2000 et protégé. Cela fait suite à la tenue de la 25e édition du Teknival, festival illégal de musique techno, qui s’est déroulé du 27 avril au 1er mai.

"Nous avons porté plainte contre X pour destruction d’habitat voire d’espèces" auprès de la gendarmerie, a déclaré Roger Gony, président du Conservatoire des espaces naturels de Champagne-Ardenne (est de la France). Deux autres plaintes, de même nature, ont été déposées par la Ligue de protection des oiseaux de Champagne-Ardenne et Marne Nature Environnement, a-t-il indiqué.
Entre le 27 avril et le 1er mai vendredi soir, des milliers de "teufers" fêtaient les 25 ans du Teknival sur une ancienne base militaire de l’Otan, à un kilomètre de la commune de Marigny (à 130 kilomètres à l’est de Paris), malgré deux arrêtés préfectoraux interdisant la manifestation.
Selon la préfecture du département, la fête a compté jusqu’à 20 000 à 25 000 personnes sur place. Or, ce site d’environ 280 hectares, propriété de l’armée et géré par ce conservatoire, a été classé Natura 2000 en 2005, après trois éditions du Teknival, en 2001, 2003 et 2005.
Des années de gestation foutues en l’air
Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l’Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu’ils contiennent. Ce site abrite "une soixantaine d’espèces nicheuses", dont certaines sont menacées, mais aussi "410 espèces végétales" et "20 espèces d’orchidées sauvages", selon Roger Gony.
Au moment de la nidification, "c’est une période très critique pour la faune : ce sont des oiseaux, ils ont besoin de tranquillité. Nous-mêmes, quand on y va, c’est sur autorisation et de manière très discrète pour ne pas déranger", a souligné Etienne Clément, président de La Ligue de protection des oiseaux de Champagne-Ardenne.
"En quatre jours de temps on va foutre en l’air des années de gestion" sur "cet îlot de verdure dans un océan de plaine céréalière", a-t-il déploré, rappelant qu’à la suite du Teknival de 2005, "presque 200 tonnes de détritus" avaient été sortis après le départ des festivaliers.
Selon ces associations, l’État a fait preuve d’un manque "d’anticipation" et "des précautions auraient dû être prises" pour que la "rave party" ne s’installe pas une nouvelle fois sur ce site.
La Rédaction avec AFP

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