Partout où l’Homme passe, la faune trépasse. C’est la conclusion qu’on pourrait tirer d’une récente étude publiée dans la revue Science. Selon des chercheurs américains, il existe un lien avéré entre l’expansion de l’Homme sur Terre et la diminution de la masse des animaux. Partout, les gros animaux cèdent la place à des plus petits. Demain, le mammifère le plus massif sera… la vache. Un indicateur fort de la baisse de biodiversité.
D’ici 200 ans, point d’éléphants, de girafes, de rhinocéros… Le plus gros mammifère sur Terre sera … la vache. C’est ce que révèlent des chercheurs américains dans une étude publiée le 20 avril dans la revue Science. Pour arriver à cette conclusion, ils ont passé au crible le poids des mammifères depuis 125 000 ans et ont mis en évidence le lien entre l’arrivée de l’Homme sur un continent et l’effondrement de la masse moyenne des animaux.
"En effet, jusqu’à ce que les humains y arrivent, l’Eurasie comptait plus de gros animaux que l’Afrique. Tous les continents habitables abritaient jadis des mammifères géants, mais aujourd’hui les quelques espèces restantes sont en grande partie confinées en Afrique", note l’étude. "Ce déclin coïncide avec l’expansion mondiale des hominidés à la fin du Quaternaire."
Poids maximum : 900 kilos
Les chercheurs ont ainsi calculé qu’en Eurasie, le poids des mammifères est passé de 98 à 51 kilogrammes. En Australie, de 35 à 4,6 kilos. Et en Amérique du Nord, de 98 à 7,6 puis à 4,8 kilos à l’avenir. Ainsi, d’ici 200 ans, le plus gros mammifère sur Terre ne dépassera pas sur la balance les 900 kilogrammes. L’activité humaine, à travers notamment la chasse, la destruction des habitats ou l’introduction d’espèces invasives, en serait la première responsable.
Désormais, c’est un autre risque majeur qui pèse sur nos animaux préférés, celui lié au changement climatique. Selon la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), si rien n’est fait pour enrayer la tendance, la ressource en poissons de la région Asie-Pacifique sera épuisée d’ici 30 ans. En Afrique, ce sont plus de la moitié des espèces d’oiseaux et de mammifères qui seront perdues d’ici 2100.
Même en France, on découvre que les populations d’oiseaux sont en grand danger. Selon le CNRS et le Muséum d’histoire naturelle, un tiers des oiseaux de campagne ont disparu dans l’Hexagone en seulement 15 ans. Les experts alertent ainsi sur une sixième extinction massive. Mais la première causée par les humains.
Concepcion Alvarez, @conce1