La nouvelle étude du CDP, publiée le 19 mars, place la France parmi les pays leaders en matière de reporting climat aux côtés de l’Allemagne. En queue de peloton, on trouve sans surprise la Chine ou encore les États-Unis. Le CDP constate néanmoins qu’il y a encore du chemin à parcourir pour passer de la parole aux actes.
La France fait partie des meilleures élèves quand il s’agit de reporting climat. C’est ce que révèle la dernière étude du CDP (1), publiée le 19 mars dernier, portant sur 1 681 entreprises dans 14 pays. Voici les trois faits qui en attestent :
1) Un sujet de surveillance pour le conseil d’administration
Dans 9 entreprises françaises sur 10, le changement climatique est dans le radar du conseil d’administration. Et 1 sur 4 offre des incitations financières aux dirigeants pour gérer les enjeux climatiques. Ce qui fait de la France une pionnière sur le sujet, aux côtés de l’Allemagne où ce taux atteint les 29 %, contre 12 % en moyenne au niveau mondial.
Pour le CDP, ce faible taux indique qu’il existe toujours une forme de "déconnexion" au sein des entreprises entre la sensibilisation et le passage à l’action. "Ce que nous ne voyons pas, c’est une gouvernance accrue entraînant une atténuation du changement climatique. L’engagement du conseil d’administration avec le risque climatique est fondamental pour atteindre cet objectif", explique Jane Stevenson, du CDP.
2) Un prix carbone largement diffusé
Autre point positif pour la France, plus de la moitié des entreprises tricolores (53 %) indiquent qu’elles utiliseront un prix du carbone d’ici 2019, contre seulement 35 % en Allemagne, 28 % en Chine et seulement 9 % de l’autre côté de l’Atlantique. Actuellement, une entreprise sur trois dans l’Hexagone a déjà fixé un prix au carbone. C’est le cas par exemple de Total, Engie, EDF, Société générale ou encore BNPParibas.
Selon le dernier décompte du CDP réalisé en octobre dernier, au niveau international, 607 entreprises ont déjà mis en place un prix interne sur leurs émissions de carbone et 782 le prévoient. Cela correspond à une multiplication par huit depuis quatre ans.
3) Des actions pour réduire les émissions de CO2
Les entreprises françaises arrivent également en tête sur le plan des actions mises en place pour réduire leur impact environnemental. Ainsi, 78 % d’entre elles fournissent des produits ou services à faible émission de carbone contre 54 % au Canada et 52 % en Chine. Et trois quarts des sociétés tricolores ont d’ores et déjà pris des objectifs de réduction des émissions.
Cela s’explique par le fait que les entreprises françaises semblent avoir pris conscience de l’opportunité de marché que cela représente. En effet, 67 % des répondants basés dans l’Hexagone tablent ainsi sur un changement de comportement et de perception du consommateur face aux changements climatiques contre 24 % pour les entreprises chinoises. "Nous sommes plus que jamais à un point critique entre l’intégration systémique d’une défaillance de marché ou l’adoption d’une opportunité majeure d’innover et de croître", conclut Simon Messenger, du Climate Disclosure Standards Board, co-auteur de l’étude avec le CDP.
Concepcion Alvarez @conce1
(1) Voir l’étude du CDP.