Le livre « On a chopé la puberté » souligne la responsabilité des éditeurs dans la diffusion de clichés sexistes

Milans a retiré "On a chopé la puberté", un livre destiné aux adolescentes, jugé sexiste par certains lecteurs. - Milans
Milans a retiré "On a chopé la puberté", un livre destiné aux adolescentes, jugé sexiste par certains lecteurs. – Milans

Les éditions Milans ont annoncé, le 4 mars, qu’elle ne rééditerait l’ouvrage « On a chopé la puberté », jugé sexiste par des lecteurs. Cette affaire illustre la responsabilité des éditeurs en matière de diffusion de stéréotypes sexistes, voire parfois racistes. Par exemple, l’année dernière, Nathan avait dû arrêter la commercialisation d’un manuel scolaire se servant du drame des migrants dans un problème de mathématique.

Les éditions Milans ont fini par céder. Une pétition demandant le retrait d’un livre sur la puberté a réuni 100 000 signatures en 24 heures. Dans cet ouvrage, « On a chopé la puberté« , on pouvait lire : « Grâce à tes seins en plein développement tu as enfin attiré l’attention du bel Ethan dont tu es secrètement amoureuse depuis la maternelle ». Ou encore : « grâce à tes nouvelles formes plus arrondies, tu convaincs ta mère de renouveler totalement ta garde-robe et d’aller faire du shopping dans des boutiques de grandes ».
« Porter du maquillage, des chaussures à talons et attirer les regards concupiscents à grands coups de décolletés, c’est donc à ça que sont censées aspirer nos enfants ? », s’est interrogé le collectif The Nasty Uterus, qui a mis en lumière cet ouvrage.
Les femmes stéréotypées et sous-représentées dans les manuels scolaires
Sur les réseaux sociaux, la polémique a enflé, à tel point que les éditions Milans ont décidé, le 3 mars, de ne pas rééditer l’ouvrage. « La volonté de ce livre est de se positionner à hauteur d’enfants, sans jugement ni pré-acquis moraux. Néanmoins, dans un contexte où il semble impossible d’avoir un débat serein, nous entendons les craintes et les interrogations. C’est pourquoi, dans un souci d’apaisement, nous avons pris la décision de ne pas réimprimer cet ouvrage, aujourd’hui en rupture de stock », explique les éditions dans un communiqué <a href=https://www.novethic.fr/http:// publié sur Facebook.
Ce n’est pas la première fois que des éditeurs sont pointés du doigt pour véhiculer des stéréotypes sexistes. Une étude du centre Hubertine Auclert publiée en 2015 avait ainsi révélé que les femmes et les filles étaient sous-représentées dans les manuels scolaires. Le centre comptait cinq hommes pour deux femmes. Et ces dernières étaient le plus souvent stéréotypées, soit représentées en tant que mère ou grand-mère et le plus souvent confinées à l’intérieur pour pratiquer des loisirs reposant comme la peinture, la couture, le tricot, alors que les garçons eux, jouent à l’extérieur. 
Apprendre les maths avec le drame des migrants
Et le sexisme n’est pas la seule problématique. Récemment, les éditions Nathan ont annoncé retirer des ventes un manuel de Terminales ES-L. Un exercice de mathématiques proposait non pas de compter avec des pommes, des poires ou des voitures, mais avec des migrants.
« Des migrants fuyant la guerre atteignent une île en Méditerranée. La première semaine, il en arrive 100. Puis chaque semaine, le nombre de nouveaux arrivants augmente de 10 %. Par combien est multipliée une quantité lorsqu’elle augmente de 10 % ». Un problème « abject » pour certains, qui déshumanise les migrants. L’éditeur a reconnu une maladresse. 
D’autres débats animent le monde de l’édition avec, par exemple, la réédition des pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline. Convoqué par l’Élysée, Antoine Gallimard, PDG des éditions éponymes n’a pas renoncé à sa réédition. Quant au manifeste d’Adolf Hilter, Mein Kampf, déjà réédité il y a deux ans en Allemagne avec succès, il pourrait bientôt voir le jour en France. 
Marina Fabre, @fabre_marina

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