Le groupe laitier Lactalis s’est enfin soumis à la loi. Selon Ouest France il vient de publier une partie de ses comptes. C’est une "victoire", a réagi la FNSEA, principal syndicat agricole. Mais il aura fallu une crise pour que Lactalis, sous pression, montre patte blanche.
Sous la pression, Lactalis a enfin cédé. Le géant du lait a déposé la semaine dernière les comptes de plusieurs de ses sociétés au tribunal de commerce de Laval (Mayenne). Selon le quotidien Ouest France, les comptes publiés mercredi 14 février au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc) concernent notamment les sociétés Lactalis Services Management, Lactalis Investissements, Lactalis Logistique, Lactalis Nestlé Ultra-Frais et Groupe Lactalis.
La FNSEA salue cette décision
Les comptes les plus récents concernent l’exercice 2016. Ils n’étaient pas encore accessibles en ligne lundi matin. Concernant les comptes de l’exercice 2017, "on se mettra en conformité avec la loi", a indiqué lundi à l’AFP le directeur de la communication de Lactalis, Michel Nalet.
"C’est une bonne chose que Lactalis entre enfin dans le rang", a réagi, lors d’une conférence de presse, Christiane Lambert, présidente du principal syndicat agricole, la FNSEA. "Cela veut dire qu’il n’y a jamais de défaites mais seulement des victoires, dans le syndicalisme, même si on attend depuis longtemps".
"L’administration fiscale connaît très bien nos comptes"
En mars 2017, l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires avait saisi les tribunaux de commerce de Rennes et Laval afin qu’ils enjoignent Lactalis de publier ses résultats, conformément à la loi Sapin II. Fin janvier dernier, Michel Nalet avait assuré aux sénateurs que son groupe allait collaborer avec l’observatoire des prix et des marges.
"Nous ne sommes pas opposés au dépôt des comptes mais nous sommes opposés au jeu de la communication qui pourrait en être fait", avait déclaré le directeur de la communication du groupe laitier devant la commission des affaires économiques du Sénat. "L’administration fiscale connaît très bien nos comptes. Notre groupe paye ses impôts en France. Il y a une très grande transparence vis-à-vis de cette administration", avait-il assuré.
Sauf que depuis 2011, le groupe n’a pas publié ses comptes consolidés, c’est-à-dire son bilan global. La dernière fois qu’il a publié partiellement ses comptes, c’était en janvier 2017, à l’occasion de la tentative de rachat des derniers 2,26 % du capital de l’Italien Parmalat. Ces résultats, publiés en italien, portaient sur 2015, avec un bénéfice net de 432 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 16,8 milliards, selon le quotidien Le Monde.
Marina Fabre avec AFP