Métro et bus à l’arrêt, Voies sur berges inondées, RER stoppés… Les phénomènes météorologiques brutaux impactent de plein fouet nos infrastructures, mettant Paris en pagaille de plus en plus fréquemment. L’adaptation des villes pour les rendre plus résilientes est une urgence, ce qui passera par une mobilisation importante de capitaux.
La météo de ce début d’année illustre parfaitement les conséquences du changement climatique pour un pays comme le nôtre. Il apporte des variations de températures fortes et rapides et des évènements extrêmes à répétition. Nous le savons mais nous vivons dans des villes qui n’y sont pas adaptées.
Premier cas de figure : la neige tombe drue sur l’Île-de-France le 6 février à un volume et une intensité annoncées sur tous les médias le matin même. Et pourtant quelques heures plus tard, c’est un gigantesque chaos dans les rues avec les bus en portefeuille et les voitures bloquées qui patinent et font du phare contre phare en roulant à 5km/h. "Ça dégénère salement", selon l’expression d’une employée de la RATP repartie à son travail pour prêter main-forte à ses collègues. Le record d’embouteillages est battu avec plus de 730 kilomètres de ralentissements !
Trois bus à l’arrêt dans une route barrée à Vanves (Hauts de Seine)
La nature a choisi son camp
Second cas de figure : la crue. L’Île-de-France, sous l’eau en juin 2016, pensait devoir attendre une quinzaine d’années la crue suivante. Patatras, en janvier 2018, la Seine déborde et les voies sur berge sont totalement submergées. Du coup, le grand débat sur la circulation automobile est suspendu. La nature a choisi son camp : elle a momentanément interdit les quais aux voitures.
Le Quai Louis Blériot inondé à Paris 16 le 3 février dernier
Si l’on additionne les coûts des dégâts, des remises en état, des pertes économiques liées aux diverses paralysies à celui du traitement des monceaux de déchets charriés par les crues, on arrive à des sommes astronomiques qui vont peser durablement sur les budgets des communes et des assurances. Pourtant on continue à longueur des reportages à montrer des gens dévastés parce qu’ils ont tout perdu et n’ont jamais vu ça.
Ne faudrait-il pas plutôt souligner que cela se produit assez souvent pour qu’il faille adapter les villes à ces phénomènes à répétition ? Cela supposerait non seulement des investissements massifs en infrastructures mais aussi une refonte de l’urbanisation. À Paris, par exemple, 80 % des zones inondables sont déjà construites. Pour relever ce défi, il faudra associer des décisions politiques fortes à une mobilisation massive de capitaux. D’où l’utilité de favoriser le développement de la finance durable européenne prôné par le rapport HLEG afin de donner aux villes les moyens de résister aux aléas climatiques.
Anne-Catherine Husson-Traore, @AC_HT, Directrice générale de Novethic