Allemagne : la nocivité du diesel testée sur des singes et des humains par Volkswagen, Daimler et BMW

Les singes ont inhalé pendant quatre heures d'importantes quantités de dioxyde d'azote s'échappant d'une Beetle du constructeur Volkswagen.
Les singes ont inhalé pendant quatre heures d'importantes quantités de dioxyde d'azote s'échappant d'une Beetle du constructeur Volkswagen.

À peine remis du Dieselgate, un nouveau scandale vient ébranler Volkswagen. Le constructeur automobile allemand est accusé d’avoir financé et participé à des tests sur des singes pour mesurer les effets du diesel sur leur santé. Dix macaques enfermées pendant quatre heures ont ainsi respiré les gaz d’échappement du modèle Beetle. Des tests ont également été réalisés sur des jeunes adultes. Daimler et BMW sont ciblés eux aussi.

Nouveau scandale outre-Rhin sur le Diesel. Cette fois, les constructeurs allemands, Volkswagen en tête, sont accusés d’avoir financé, et même pour certains participé, à des tests sur des cobayes humains et des singes pour mesurer les effets des gaz de moteur diesel (NOx et NO2).
Plusieurs responsables savaient
Le 25 janvier, le New York Times lançait une première bombe. Le quotidien américain s’appuie alors sur des documents issus d’une class-action visant Volkswagen aux États-Unis. Ils révèlent que le groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans le secteur du transport (EUGT) a réalisé une étude sur des singes dans le but de "prouver que les véhicules diesel de technologie récente sont plus propres que les vieux modèles". L’organisme a été financé entre 2007 et 2017 par Volkswagen, Daimler et BMW ainsi que par l’équipementier Bosch.
L’expérience remonte à 2014 et a été menée dans un laboratoire d’Albuquerque, aux États-Unis. Dix macaques ont été enfermés dans une pièce pendant quatre heures et ont respiré les gaz d’échappement d’une Beetle, la nouvelle coccinelle de VW. Le constructeur aurait joué un "rôle leader" puisque des ingénieurs de la firme ont supervisé l’installation du véhicule sur un tapis roulant. 
D‘après le Bild, un courriel interne montre que plusieurs hauts responsables de Volkswagen étaient par ailleurs au courant de la recherche sur les singes. Le groupe a lui-même déclaré que certains membres du personnel, qu‘il n‘a pas identifiés, avaient été informés de ces tests. L’étude de l’EUGT n’avait alors débouché sur aucune publication.
25 jeunes cobayes
Lundi 29 janvier, le scandale prend une nouvelle ampleur. Le Süddeutsche Zeitung et le Stuttgarter Zeitung affirment que des tests ont aussi été conduits sur des humains. Entre 2012 et 2015, vingt-cinq jeunes adultes en bonne santé ont ainsi joué les cobayes à l’hôpital universitaire d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne.
Une fois par semaine, ces personnes étaient exposées pendant trois heures dans une pièce de 40 mètres carrés à des concentrations de dioxyde d’azote (NO2) pouvant atteindre jusqu’à trois fois la valeur limite d’exposition professionnelle. Publiée en 2016, l’étude a conclu à l’absence d’"effets inflammatoires sur les voies respiratoires" des cobayes.
"Cette étude n’aurait jamais dû avoir lieu"
Après plusieurs réactions indignées, notamment au sein du gouvernement allemand, Volkswagen a présenté ses excuses et a promis des "conséquences" internes à ceux qui ont permis de tester des émissions polluantes sur des singes ou des humains. "Avec le recul, cette étude n’aurait jamais dû avoir lieu, qu’il s’agisse d’hommes ou de singes. Ce qui s’est passé n’aurait jamais dû arriver, je le regrette vraiment", a souligné Thomas Steg, responsable du groupe pour les relations publiques et les autorités.
De son côté, Daimler s’est dit "consterné par la mise en place et l’ampleur de ces tests" et a "condamné fermement" cette étude. Le groupe assure n’avoir aucun lien avec ces recherches mais indique qu’il va tout de même diligenter une enquête. BMW a également démenti y avoir participé.
Pour l’EUGT, qui a cessé ses activités en 2017, les tests pratiqués à Aix-la-Chapelle n’ont rien à voir avec ceux menés sur les singes. Leur but était d’évaluer les effets de l’exposition au NO2 sur le lieu de travail, "pour les conducteurs de poids lourds, les mécaniciens ou les soudeurs", pour recommander une éventuelle baisse des seuils réglementaires. Le directeur de l’institut Helmut Greim a été au centre de plusieurs conflits d’intérêts notamment sur le glyphosate.  
Concepcion Alvarez @conce1

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