La Redoute mise sur le « made in local »

Récemment rachetée par les Galeries Lafayette, La Redoute se porte bien. L’ancien vépeciste devenu l’un des leaders du e-commerce français dans la mode et la maison reste pourtant attaché à ses racines roubaisiennes. Un ancrage territorial qui fait partie de l’ADN de la marque selon La Redoute.

Depuis 180, l’entreprise tient bon rue Blanchemaille, à Roubaix. Les différents rachats – que ce soit par le groupe international Kering ou plus récemment aux Galeries Lafayette- n’y ont rien fait, l’entreprise de e-commerce reste ancrée dans le Nord, par son siège mais aussi ses actions sur le territoire.  
"C’est notre ADN, notre histoire qui est marquée par les patrons philanthropes du Nord. Quand on vit à Roubaix, on comprend ce que veut dire la notion d’ancrage territorial", assure Camille Caron, coordinatrice RSE de La Redoute. Le territoire est en effet chargé d’histoire : celui de l’industrie textile florissante au XXème siècle, aujourd’hui sinistrée.
80% des produits dessinés à Roubaix
Ainsi quand Nathalie Balla et Eric Courteille reprennent l’entreprise en 2014, ils choisissent de maintenir les activités de l’entreprise à Roubaix et Wattrelos (59) et d’y renforcer les investissements dans la logistique.
Aujourd’hui, 80% de ses produits sont dessinés à Roubaix avec des stylistes maison. "Nous aurions pu faire des choix géographiques différents mais la notion d’ancrage a réellement peser dans la balance, notamment pour garder les salariés, cela n’a pas de prix", précise Camille Caron. "C’est la même chose pour nos prestataires : pour des réponses équivalentes l’entreprise locale a toute ses chances car nous pensons que la proximité a de nombreuses vertus (éthique, pragmatique, lien…)".
Un immense entrepôt de 42 000 m², baptisé Quai 30, a ainsi été construit à 300 mètres de l’ancien, la « Martinoire », devenu obsolète. L’entreprise y a massivement investi pour l’automatiser et améliorer l’ergonomie des postes même si la nouvelle organisation a parfois du mal à passer au vu des différents griefs (ex: temps de pause) remontés par des syndicats.La Redoute assure pourtant y avoir associé une dizaine de salariés dès la conception. 
Mécénat ultra local
Face aux difficultés rencontrées par la population, La Redoute a aussi mis en place plusieurs actions de solidarité, toutes en lien avec le territoire. Il y a quelques années, l’entreprise a créé avec Cyrillus, Movitex et Verbaudet une association pour favoriser l’égalité des chances par la formation professionnelle et la culture digitale. "L’idée est de mobiliser nos collaborateurs pour qu’ils mettent leur compétences, leur savoir-faire et tout simplement leur envie au profit d’associations locales. C’est à la fois bon pour le territoire et bon pour l’entreprise car cela renforce le sentiment d’appartenance et la cohésion d’équipe", précise Camille Caron. Quelque 300 salariés, sur les 2 000 que compte l’entreprise, sont aujourd’hui impliqués dans une action de solidarité.
Pour redynamiser l’emploi dans cette région fortement touchée par le chômage, La Redoute a aussi noué des partenariats avec plusieurs associations et établissements scolaires pour intégrer en stage découvertes des jeunes sélectionnés en fonction de leur mérite, en 3ème ou en lycées professionnels.
D’autres sont destinés à des jeunes plus avancés ans les filières professionnelles. Avec Squad et Mozaïc RH, la Redoute accompagne quelques jeunes issus de quartiers défavorisés sur plusieurs mois, à travers des stages, des rendez-vous avec les ressources humaines et la mise à disposition du réseau de l’entreprise. Un partenariat avec l’école de la 2ème chance et ESMOD est également destiné à créer un module de formation complémentaire dans les métiers opérationnels de la mode.
Répondre aux nouveaux enjeux de l’entreprise
"Ce type de partenariats permet à des jeunes motivés d’avoir des perspectives dans une entreprise internationale (La Redoute est présent dans 5 pays européens et en Russie). Dans la région, ce n’est pas si facile : les grandes entreprises ne sont pas si nombreuses…", souligne Camille Caron.
Des initiatives qui permettront, selon elle de répondre aux nouveaux enjeux de l’entreprise : "il ne suffit plus de vendre des produits de qualité. Ce que le consommateur et les parties prenantes veulent aussi savoir, c’est à quoi l’entreprise sert. La valorisation du territoire d’implantation est une partie de la réponse".
Retrouvez le cas de la Redoute sur Bipiz, la plateforme de bonnes pratiques RSE 

Aller au contenu principal