COP23 : Emmanuel Macron craint un retour au charbon si la France réduit trop vite le nucléaire

Emmanuel Macron est l'un des deux chefs d'État à s'être rendus à la COP23 à Bonn en Allemagne. - AFP/Citizenside
Emmanuel Macron est l'un des deux chefs d'État à s'être rendus à la COP23 à Bonn en Allemagne. – AFP/Citizenside

Deux chefs d’État sont venus à la COP23 de Bonn en Allemagne : le Président Français Emmanuel Macron et la Chancelière allemande Angela Merkel. Le premier a, entre autres, expliqué que la France ne va pas hâter sa sortie du nucléaire au risque de devoir recourir au charbon. Une déclaration forte dans un pays, l’Allemagne, qui sortira de l’atome en 2022 et compte 40 % de charbon dans son mix électrique. 

Accélérer dès aujourd’hui la fermeture des centrales nucléaires françaises "condamnerait" le pays à recourir au charbon, a déclaré le président Emmanuel Macron mercredi 16 novembre devant la conférence climat de l’ONU à Bonn.
À la tribune de la COP23, il a évoqué la nécessité d’"accélérer la montée en charge des énergies renouvelables et donc les mutations technologiques les accompagnant". "Que personne ne se trompe: prétendre que nous devrions accélérer la fermeture de centrales nucléaires sans avoir préalablement répondu à cela, c’est nous condamner dans les prochaines années à rouvrir des centrales à charbon", a-t-il assuré.
Début novembre, le gouvernement a admis que la France ne pourrait vraisemblablement pas réduire à 50 % dès 2025 la part du nucléaire dans la production d’électricité, un objectif prévu dans la loi de transition énergétique de 2015.
Des investissements européens sur le stockage
"Il faut travailler sur l’accélération des énergies renouvelables et si nous voulons qu’elles continuent à se développer, on doit avancer sur le stockage", a dit le chef de l’État à Bonn. Avec la chancelière Angela Merkel, "nous allons ensemble favoriser les investissements européens sur le stockage et des projets scientifiques conjoints".
Il a aussi confirmé la fermeture des dernières centrales à charbon françaises d’ici à la fin 2021. Il en reste quatre, exploitées par EDF (Cordemais et Havre) et Uniper (Gardanne et Moselle).
Au niveau européen, il s’est de nouveau dit en faveur d’"un prix plancher du CO2": "je suis favorable à ce que nous puissions acter d’un prix à 30 euros la tonne", même si "dans aucun pays européen ce ne sera facile".
Une taxe carbone aux frontières
"Cela suppose des mesures d’accompagnement", notamment "une taxe aux frontières (sur le carbone) qui protégera nos secteurs de l’énergie face aux importations" en provenance de pays moins vertueux, a ajouté Emmanuel Macron, qui avait déjà formulé cette proposition en septembre.
À l’occasion de la COP23, le Syndicat (français) des énergies renouvelables (SER) et la Fédération allemande des énergies renouvelables (BEE) ont lancé un appel commun pour que France et Allemagne introduisent simultanément un prix plancher pour le CO2 dans le secteur de l’électricité.
"Le secteur de l’électricité en Europe reste fortement émetteur de CO2 alors qu’il n’est pas exposé aux risques de la concurrence internationale", soulignent les deux organisations dans un communiqué : "ce secteur peut – et doit – participer à l’effort de décarbonisation".
Pour Greenpeace France, Emmanuel Macron "vient de se livrer à une instrumentalisation de la tribune climatique pour défendre les intérêts du nucléaire". "La France est en retard sur sa transition énergétique justement parce qu’elle entretient une dépendance extrême au nucléaire", estime l’ONG.
La Rédaction avec AFP

Aller au contenu principal