Des investisseurs interrogent Starbucks sur les congés maternité plus courts pour les serveuses que pour les cadres

C’est une action inédite. Aux États-Unis, un groupe d’investisseurs fait pression sur le géant Starbucks à cause de sa politique familiale. Les cadres seraient en effet privilégiés par rapport aux employés travaillant dans les cafés alors que ces derniers sont bien plus nombreux. Une résolution a été déposée.

Un groupe d’investisseurs emmené par Zevin Asset Management, spécialiste de l’investissement socialement responsable outre-Atlantique, demande des comptes à Starbucks sur sa politique familiale. En effet, chez le géant américain, le congé maternité ou parental dépendra du statut de l’employé. Une femme cadre aura le droit à 18 semaines de congés payés, une serveuse ne pourra prendre que six semaines et rien pour un serveur qui adopte.
Les investisseurs se demandent si ces pratiques pourraient être discriminatoires en matière d’emploi. "Les travailleurs LGBTQ font face à des défis particuliers, puisqu’ils sont quatre fois plus susceptibles d’adopter des enfants, explique Pat Tomaino, directeur associé de Zevin. Des avantages inégaux exposent l’entreprise à des poursuites judiciaires et à la perte de productivité des travailleurs".
12 autres entreprises sous pression
De son côté, Starbucks soutient que sa politique de congé parental est l’une des meilleures du secteur de la vente au détail. Lors de l’assemblée des actionnaires en mars dernier, le directeur général, interpellé par des employés, avait expliqué que l’entreprise avait accordé la priorité à d’autres avantages liés à la santé et l’éducation. L’investisseur Zevin demande au groupe d’établir un rapport sur le risque de discrimination lié à sa politique familiale d’ici l’assemblée générale des actionnaires de 2019.
Il a également mis en garde près d’une douzaine d’autres grands employeurs, parmi lesquels Costco, Target, UPS, Amazon, AT & T, Apple, CVS et Marriott. Les États-Unis sont le seul pays développé à ne pas avoir mis en place de politique familiale nationale. Pendant sa campagne, Donald Trump avait évoqué la mise en place d’un congé maternité de six semaines, mais n’est pas revenu dessus depuis.    
Concepcion Alvarez @conce1

Aller au contenu principal