Le petit robot Mini-Mambo a été envoyé par l’opérateur Tepco au coeur de la centrale nucléaire de Fukushima. Le but ? Localiser le corium, le combustible hautement radioactif toujours pas repéré 6 ans après la catastrophe. Une donnée indispensable pour démarrer le démantèlement de la centrale.
Il s’appelle Mini-Mambo et il pourrait bien avoir franchi une étape cruciale dans le futur démantèlement de Fukushima. Envoyé par l’opérateur de la centrale nucléaire Tepco (Tokyo Electric Power), le robot surnommé little sunfish (petit poisson) serait parvenu, fin juillet, à repérer le corium, le combustible hautement radioactif au cœur du réacteur 3.
Depuis six ans, date de la catastrophe nucléaire, les niveaux de radioactivité relevés dans et autour de la centrale empêche les êtres humains de localiser le corium. Le tsunami avait provoqué, en 2011, l’arrêt du système de refroidissement. Trois des six unités de Fukushima étaient alors entrées en fusion. Plusieurs robots ont déjà été lancés par l’exploitant de l’installation pour estimer les dégâts. Mais après quelques minutes d’exposition à la radioactivité, ils dysfonctionnent.
"Le combustible a fondu et s’est mélangé avec le métal situé en dessous"
Mini-Mambo a donc été spécifiquement développé par Toshiba et l’Irid (International Research Institute for Nuclear Decommissionning) pour atteindre le cœur du réacteur. "Nous avons déjà développé de nombreux robots pour les besoins de l’enquête de Fukushima (…). Mais c’est la première fois que nous devons le faire pour l’accès à une zone confinée et inondée, dans un environnement de radioactivité intense", a expliqué Goro Yanase, responsable du programme systèmes nucléaires de Toshiba.
Ce petit robot sous marin est téléguidé et mesure seulement 30 cm de long et 13 cm de diamètre. Il a été envoyé en reconnaissance pendant 3 jours, du 19 au 22 juillet. Les clichés pris par le robot sont un peu flous mais Tepco l’assure, "Il y a une forte probabilité que ces amas solidifiés soient un mélange de métal fondu et de combustible".
"Nous pensons que le combustible a fondu et s’est mélangé avec le métal situé en dessous. Et c’est très probablement ce que nous avons filmé", a expliqué à l’AFP Takahiro Kimoto, un des porte-paroles de la firme qui espère démarrer les opérations de démantèlement en 2021. Ces dernières devraient durer pendant plus de 40 ans.
Marina Fabre @fabre_marina