L’ex PDG d’ExxonMobil confirmé au poste de secrétaire d’État

C'est à l’arraché, par 56 voix contre 43, que Rex Tillerson est devenu le visage diplomatique de l'administration Trump. Ses liens avec la Russie, et en particulier sa proximité supposée avec Vladimir Poutine, ont été au centre des débats. - AFP
C'est à l’arraché, par 56 voix contre 43, que Rex Tillerson est devenu le visage diplomatique de l'administration Trump. Ses liens avec la Russie, et en particulier sa proximité supposée avec Vladimir Poutine, ont été au centre des débats. – AFP

Rex Tillerson dirigera bien la diplomatie américaine. L’ex patron du groupe Exxon a été approuvé par le Sénat des États-Unis à l’issue d’une véritable guérilla parlementaire menée par la minorité démocrate. Âgé de 64 ans, il succède au démocrate John Kerry. Il n’a aucune expérience politique ou diplomatique. 

C’est à l’arraché, par 56 voix contre 43, que Rex Tillerson est devenu le visage diplomatique de l’administration Trump. Il s’agit, selon la presse américaine, de l’une des confirmations les plus serrées de l’histoire politique des États-Unis. 
Les auditions de Rex Tillerson devant le Sénat américain ont été longues. L’ex PDG d’Exxon a été passé sur le grill par plusieurs sénateurs, y compris républicains. Ses liens avec la Russie, et en particulier sa proximité supposée avec Vladimir Poutine, ont été au centre des débats. Des liens qui posent la question des conflits d’intérêts auxquels Rex Tillerson pourrait être exposé.
ExxonMobil avait œuvré, par diverses opérations de lobbying, contre les sanctions économiques imposées par les États-Unis, à l’Iran et à la Corée du Nord notamment, au nom du libre échange. Une idée aujourd’hui combattue par… Donald Trump.
Comment le nouveau patron de la diplomatie américaine gérera-t-il désormais les relations de son pays avec les États dans lesquels opère Exxon, et notamment la Russie ? Il devra se récuser lui-même sur les sujets concernant son ex entreprise pendant un an par un code éthique. Mais il a refusé de s’engager à plus long terme.

Ambiguïtés sur le réchauffement climatique



La position de Rex Tillerson sur le réchauffement climatique reste par ailleurs ambiguë. S’il ne nie pas la réalité scientifique du phénomène, il estime que ses conséquences ne sont pas réellement mesurables et que le débat reste ouvert quant aux mesures à prendre pour endiguer le problème.
Il s’est néanmoins déclaré favorable à ce que les États-Unis continuent de siéger à la table des négociations internationales sur le climat. Donald Trump a quant à lui pris l’engagement, durant sa campagne électorale, de faire quitter à son pays l’Accord de Paris.
D’après l’un de ses biographes, Steve Coll, cité par RFI, Rex Tillerson sera moins puissant au département d’État qu’à la tête d ExxonMobil, car "les présidents de Guinée-Bissau et du Tchad savaient que de bonnes relations avec le PDG de la firme pétrolière étaient plus importantes pour eux que leurs liens avec John Kerry".

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