En tant que membre du G20, la France a pris l’engagement de supprimer les subventions aux énergies fossiles. Pourtant, elle continue encore à verser 2 millions d’euros chaque année pour soutenir le charbon.
Ce n’est pas un montant exorbitant, mais c’est encore trop ! Chaque année, la France continue de subventionner le charbon à hauteur de 2 millions d’euros, d’après un récent rapport de l’Overseas Development Institute (1). Bien qu’elle ait pris plusieurs engagements pour réduire ses financements à cette énergie extrêmement polluante – comme la suppression de ses crédits à l’export pour les centrales à charbon – il lui reste encore quelques pas à faire pour devenir véritablement exemplaire, du moins sur le charbon.
Par exemple, le pays a introduit en janvier dernier un mécanisme de capacité qui inclut le charbon. Cette aide est versée aux énergéticiens en contrepartie de garanties de capacités pour faire face à des périodes de forte consommation d’énergie. Elle sera donc versée aux producteurs d’électricité à partir de charbon.
"Pour éviter que les exploitants maintiennent leur centrale en activité pour bénéficier de ces subventions, le gouvernement français devrait exclure le charbon du marché des capacités", expliquent les auteurs du rapport. Depuis, dans son plan climat, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a annoncé la fermeture des cinq centrales française d’ici 2022.
Manque de transparence
La France exonère aussi certains producteurs de biomasse des droits d’accise classiques pour l’utilisation de charbon dans le séchage de la biomasse. 18 millions d’euros ont ainsi été versés entre 2004 et 2015. Enfin, des exonérations de taxes s’appliquent encore à la consommation de charbon, hors combustion et production d’électricité, et une partie du budget R&D de la France est alloué au charbon chaque année à hauteur de 200 000 euros en moyenne.
Le gouvernement a par ailleurs abandonné son projet d’instaurer un prix plancher sur le charbon. Celle-ci faite par l’ancien Président François Hollande était surtout symbolique puisque la France ne compte que 5 centrales à charbon. Mais elle n’a pas résisté à la fronde sociale, les syndicats ayant réussi à faire pencher la balance de leur côté, en agitant la menace de 5 000 emplois supprimés (directs et indirects).
La France, en tant que membre du G7, s’est aussi engagée à supprimer les subventions aux énergies fossiles d’ici 2025. Mais elle ne s’est pas encore pliée à l’examen par les pairs, processus lancé par le G20, auquel elle appartient également. La Chine et les États-Unis eux se sont prêtés au jeu l’année dernière. En 2014, les pays du G20 ont alloué plus de 230 milliards de dollars au charbon, au pétrole et au gaz.
Concepcion Alvarez @conce1
(1) Voir le rapport