Ecotaxe : la première croisade de Ségolène Royal

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Avant même le premier conseil des ministres du nouveau gouvernement Valls, Ségolène Royal s’est prononcé contre l’écotaxe. Une prise de position de la nouvelle ministre de l’Ecologie et de l’Energie qui satisfait les transporteurs. Elle crispe en revanche les organisations environnementales, très attachées à la fiscalité écologique.

24 heures. C’est le temps dont Ségolène Royal aura eu besoin pour lancer sa première polémique. Au lendemain de sa prise de fonctions au ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle a profité d’un déplacement en Poitou-Charentes pour donner son avis sur l’écotaxe : « Je ne suis pas seule à décider, mais je vais remettre à plat les choses pour voir quelles sont les autres possibilités que nous avons pour dégager des financements pour, en effet, faire les travaux ferroviaires et routiers. Les Français ont déjà payé beaucoup d’impôts supplémentaires, l’écotaxe est un impôt, j’en comprends bien le sens : il s’agit de taxer ceux qui polluent, mais j’ai toujours dit que, pour respecter la citoyenneté, l’écologie ne doit pas être punitive et on ne doit pas taxer des gens s’ils n’ont pas le choix de prendre le transport propre. »
Les réactions n’ont pas tardées à fuser du côté des associations environnementales. Elles attendaient la ministre de pied ferme sur le sujet. Car ces dernières années, Ségolène Royale s’est régulièrement illustrée par ses prises de positions contre la fiscalité écologique. Elle avait notamment critiqué la mise en place de l’écotaxe poids lourds en 2013, mais aussi la taxe carbone, la fameuse contribution climat énergie (entrée en vigueur ce 1er avril pour le gaz). Mais il n’en a pas toujours été ainsi, comme le rappelle Le Monde: « Ségolène Royal a longtemps été favorable à cette mesure ‘totalement absurde‘. A tel point qu’en 2006, citant le cas de l’Allemagne, la région Poitou adressait ‘un vœu au gouvernement‘ d’instaurer une telle taxe »
Quelques heures seulement après les déclarations de la ministre, le réseau action climat (RAC) a publié un communiqué dans lequel il « s’inquiète » de la volonté de Ségolène Royale de remettre à plat le dispositif : « tant que (celui-ci) n’aura pas été mis en place, le coût des externalités (émissions de CO2 notamment) du transport routier seront supporté par la collectivité toute entière », ce qui freine l’objectif d’un transfert partiel du transport de la route vers le train et le fluvial (25% de fret non routier en 2022), rappelle Lorelei Limousin, chargée de mission climat transport au RAC. Même inquiétude du côté de la Fondation Nicolas Hulot: « cette première prise de position qui va à l’encontre du principe pollueur payeur », souligne-t-elle.
Pour les transporteurs en revanche, c’est « une bonne nouvelle ». « Nous demandons la suppression de l’écotaxe depuis un an maintenant », rappelle Gilles Mathelie-Guinlet, le secrétaire général de l’OTRE, l’organisation professionnelle des TPE/PME du transport routier. L’OTRE défend deux solutions alternatives : la mise en place d’un droit d’usage ou la taxation des entreprises de marchandises plutôt que celles de transport. Elle a d’ailleurs exposé ses propositions devant la mission parlementaire sur l’écotaxe poids-lourds, mise en place après les révélations sur Ecomouv’, l’entreprise chargée de la mettre en place. « Nos relations avec Frédéric Cuvillier (ex ministre du Transport, ndlr) étaient complètement gelées. Le gouvernement Ayrault s’en remettait totalement à la mission parlementaire sur l’écotaxe. Nous saluons donc l’ouverture de Ségolène Royale et allons prendre très vite rendez-vous avec elle » détaille Gilles Mathelie-Guinlet. La mission parlementaire devrait rendre prochainement ses conclusions.

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