En marge du Forum économique mondial qui se tient du 22 au 25 janvier à Davos, Greenpeace et la Déclaration de Berne ont décerné leurs Public Eye Awards, attribués aux entreprises les moins responsables au niveau mondial. Cette édition 2014 a désigné Gap pour son manque d’engagement dans l’amélioration des conditions de travail dans l’industrie textile au Bangladesh, et Gazprom pour sa plateforme de forage en Arctique.
Alors que les grandes entreprises mondiales se réunissent en ce moment à Davos pour évoquer l’avenir de la planète, les ONG Greenpeace et la Déclaration de Berne ont décerné leurs Public Eye Awards, qui désignent les entreprises les plus irresponsables.
Gap épinglé par le Jury
Le jury, composé d’experts de l’économie éthique, des droits humains et de l’environnement, a dénoncé l’américain Gap pour son manque d’engagement dans l’amélioration de l’industrie textile au Bangladesh. Les deux ONG regrettent que, malgré le drame du Rana Plaza, la marque ait refusé de signer l’Accord sur les incendies et la sécurité des bâtiments au Bangladesh. « Gap refuse de s’engager à collaborer avec ses fournisseurs et les syndicats locaux pour que les ouvriers du secteur textile puissent travailler dans des locaux décents et aient le droit de refuser un travail dangereux », indique Kalpona Akter, directrice exécutive du Bangladesh Center for Worker Solidarity. En réponse au drame, Gap a en effet décidé de lancer sa propre initiative avec d’autres marques américaines. Mais celle-ci est jugée insuffisante par les ONG.
Gazprom dans le viseur du public
Le prix du public, qui a recueilli cette année plus de 250 000 votes, a été attribué au russe Gazprom. L’énergéticien a été désigné haut la main par les citoyens, qui lui reprochent la construction d’une plateforme de forage permettant d’exploiter du pétrole dans l’Arctique. « Gazprom est la première entreprise à pomper du pétrole sous les eaux glacées de l’Arctique, malgré son bilan catastrophique en matière de sécurité. Dans le monde entier, les gens dénoncent le manque de transparence et de considération pour l’environnement dont fait preuve l’entreprise, à tel point qu’elle est aujourd’hui nommée pire entreprise de l’année », commente Kumi Naidoo, directeur exécutif de Greenpeace International. Fin 2013, l’affaire avait pris un nouveau tournant avec l’inculpation, pour vandalisme, de l’équipage de l’Arctic Sunrise, un brise-glace de Greenpeace, qui a tenté d’approcher la plateforme Prirazlomnaya, dans la mer Pechora (Mer de Barents), pour démontrer les insuffisances techniques.
Remise en question d’un modèle
En remettant ces prix au moment où se déroulent le Forum économique mondial, les Public Eye Awards militent pour une remise en question du modèle économique actuel. En outre, Greenpeace et La Déclaration de Berne appellent à « prendre des mesures concrètes et soumettre les multinationales à des réglementations juridiques contraignantes au niveau international. »