L’Agence français de développement et le ministère allemand de l’Environnement vont investir, avec des fondations privées, s’associent à l’Américain BlackRock dans un Climate Finance Partnership. Ensemble, ils veulent investir 500 millions de dollars dans des projets d’infrastructures vertes dans les pays d’Afrique, d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine.
Ce Climate Finance Partnership (CFP) rassemble BlackRock, premier gestionnaire d’actifs mondial, l’Agence française de développement (AFD), le ministère allemand de l’Environnement et les fondations Hewlett et Grantham. Il s’agit d’un "partenariat unique qui mêle des capitaux philanthropiques, publics et privés afin de combattre le risque climatique", indique un communiqué.
Un premier objectif de 500 millions de dollars
Les partenaires du Climate Finance Partnership prévoit d’apporter un premier tour de 100 millions de dollars, fourni par la France, via l’AFD, et par l’Allemagne à hauteur de 30 millions chacune. Le reste sera apporté notamment par les fondations partenaires. À partir de cette mise de départ, BlackRock sera chargé de lever les 400 millions de dollars restants auprès d’investisseurs institutionnels, pour aboutir à un premier objectif de 500 millions de dollars. Le calendrier n’a pas été précisé.
Le mastodonte de la finance entend "mobiliser des investissements à grande échelle" dans les pays en développement, tout en donnant à ses clients "de nouvelles opportunités d’investir dans la transition mondiale vers une économie à bas carbone", a déclaré Brian Deese, chef de l’investissement durable chez BlackRock.
La société, qui gère plus de 7 000 milliards de dollars d’actifs via des participations dans des entreprises et des fonds spécifiques, a annoncé récemment vouloir renforcer ses investissements durables, espérant les faire passer de 90 milliards actuellement à 1 000 milliards de dollars d’ici dix ans. Il va aussi, dans ses investissements directs, se débarrasser les titres publics (actions et obligations) de sociétés qui génèrent plus de 25% de leurs revenus à partir de la production de charbon thermique.
BlackRock reste très critiqué par de nombreuses ONG qui attendent désormais de juger sur pièce ses engagements climatiques. "BlackRock a annoncé qu’ils allaient réduire leur financement du charbon, mais ils n’ont pas dit quand, ils n’ont pas inclus d’autres énergies fossiles. On peut se dire un pas après l’autre…", a dit à l’AFP Jennifer Morgan directrice exécutive de Greenpeace, pour qui les sociétés financières "sont aujourd’hui tout autant responsables que les industriels des énergies fossiles".
La rédaction avec AFP