Le plus gros gérant d’actifs au monde va participer aux travaux de la coalition d’investisseurs Climate Action 100+. Épinglé récemment pour sa politique de vote en Assemblée générale peu favorable au climat, BlackRock semble vouloir se racheter une conduite en rejoignant les quelque 370 investisseurs mondiaux engagés dans un dialogue avec les entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre.
Et c’est un allié de poids qui vient de rejoindre le groupe d’investisseurs mondiaux Climate Action 100+. Avec l’arrivée de BlackRock, la coalition affiche désormais une puissance de feu de près de 41 000 milliards d’actifs sous gestion, contre 35 000 milliards auparavant, avec plus de 370 investisseurs membres. De quoi se faire entendre plus facilement auprès des 161 entreprises avec lesquelles Climate Action 100+ travaille.
La décision de BlackRock de rejoindre la coalition d’investisseurs intervient seulement quelques semaines après que le gérant d’actifs ait été sévèrement épinglé par une étude de l’ONG Majority Action. Celle-ci passait en revue la politique de vote en assemblée générale de 25 sociétés de gestion, pour voir comment celles-ci se positionnaient sur le climat.
Peu de votes en faveur du climat
BlackRock se retrouve en bas du classement, il n’a voté en faveur de résolution climat que dans cinq cas sur 41 pendant la saison des Assemblées générales 2019. Pour sa défense, BlackRock assure qu’il pratique le dialogue en direct avec les entreprises. Mais l’étude de Majority Action démontrait aussi que BlackRock avait voté contre trois résolutions actionnariales expressément soutenues par Climate Action 100+. Il s’agissait des résolutions demandant à ExxonMobil de séparer les fonctions de président et directeur général, et celles demandant aux constructeurs automobiles Ford et General Motors d’être plus transparents sur leurs activités de lobbying liées au climat.
Arnaud Dumas, @ADumas5