Ce 26 avril, Paris accueille pour la quatrième fois une manche du championnat du monde de Formule électrique. Cet événement a pour vocation de vanter la mobilité électrique en exhibant au cœur de la capitale ces bolides propres, capable de dépasser 220 km/h. Mais des élus parisiens écologistes s’opposent à cet événement.
Fort du succès des précédentes éditions, une nouvelle manche du "E-Prix de Paris" a lieu samedi 26 avril. Elle est courue depuis 2016 sur un circuit de deux kilomètres tracé autour des Invalides. Le contrat liant la ville aux promoteurs du championnat de Formule électrique vient d’être reconduit jusqu’en 2022. La maire de Paris, Anne Hidalgo, juge que cette manifestation s’intègre dans son action de "sensibilisation du grand public en faveur de mobilités innovantes et plus respectueuses de l’environnement et tient à valoriser les constructeurs qui investissent dans ce secteur d’avenir".
Mais le groupe écologiste au sein du Conseil municipal vote régulièrement contre l’organisation de la course et s’est opposé à la reconduction du contrat. "Nous n’avons pas toutes les infos que nous aimerions avoir et nous avons un sujet (de préoccupation) sur l’organisation même du championnat", souligne Hélène Bracon, secrétaire générale du groupe écologiste à la mairie de Paris.
Du bitume éphémère
"Le modèle du tout-électrique n’est pas du tout ce que l’on promeut. Certes c’est moins polluant à l’instant T que le diesel ou l’essence mais nous ne sommes pas trop fans du nucléaire donc tant que l’électrique en France c’est le nucléaire, on ne va pas tomber d’accord", souligne-t-elle dans des déclarations à l’AFP. Au-delà, l’élue juge qu’"il y a un véritable sujet de réduction de la place de la voiture qu’elle soit électrique ou non", dans le centre des villes.
Des arguments que ne comprend pas Alejandro Agag, promoteur du championnat : "Tout le monde est d’accord au sein du Conseil municipal sauf les écologistes, ce qui me frappe énormément. Il y a des choses qu’on ne peut pas comprendre et c’en est une. Je pense que la voiture électrique c’est la solution pour toutes les villes du monde", juge-t-il.
Une autre opposition vient de certains riverains gênés par ce circuit éphémère. Interrogée par l’AFP, Arielle déplore devoir faire un grand détour pour contourner les grillages pour rejoindre sa demeure. "C’est une jolie idée", concède-t-elle à propos de la course de Formule électrique mais "ils nous emm…" et l’asphalte, recyclable, posé sur les pavés de certaines portions du circuit le temps de la course, "pue", assure-t-elle.
Ludovic Dupin avec AFP