Les groupes du CAC 40 épinglés sur leur politique fiscale et climatique

Si salaires moyens du CAC40 ont augmenté de 22% entre 2010 et 2017, les rémunérations de leurs dirigeants ont progressé davantage (+32%) tout comme les dividendes versés à leurs actionnaires (+44%) dénonce Attac. - @pixabay
Si salaires moyens du CAC40 ont augmenté de 22% entre 2010 et 2017, les rémunérations de leurs dirigeants ont progressé davantage (+32%) tout comme les dividendes versés à leurs actionnaires (+44%) dénonce Attac. – @pixabay

A la veille de l’ouverture du forum économique mondial de Davos, Attac étrille les groupes du CAC 40. L’organisation altermondialiste a épluché leur bilan en termes d’emplois supprimés, d’impôts contournés ou encore de pollution. 

Les grandes entreprises françaises ont "un impact désastreux pour la société et la planète". Dans un rapport (1) publié en amont du Forum économique mondial qui s’ouvre à Davos mardi 22 janvier, Attac n’y va pas par quatre chemins : elle délivre un zéro pointé au CAC 40 en matière d’emplois, de fiscalité et d’environnement.
Emplois: l’abandon du tissu industriel français

Les effectifs cumulés en France des entreprises du CAC 40 ont baissé de 20% entre 2010 et 2017, alors que leurs bénéfices cumulés ont augmenté de 9,3% sur la même période. "C’est donc le tissu industriel français tout entier qui est la première victime de la logique de financiarisation du CAC 40", qui regroupe les quarante plus importantes sociétés françaises cotées en Bourse, dénonce Attac.
Quant aux rémunérations, si les salaires moyens dans ces groupes ont augmenté de 22% entre 2010 et 2017, ceux de leurs dirigeants ont progressé davantage (+32%). Et les dividendes versés à leurs actionnaires encore plus (+44%).
Fiscalité : les techniques d’évitement fiscal généralisées
Attac accuse aussi les entreprises du CAC 40 de recourir à de nombreuses "techniques d’évitement fiscal", notamment par le biais de près de 2 500 filiales implantées dans des territoires considérés comme des paradis fiscaux. Bien que leurs bénéfices mondiaux aient augmenté sur la période, les entreprises du CAC 40 ont déclaré avoir payé 30 milliards d’euros d’impôts dans le monde en 2017, soit 6,4% de moins qu’en 2010, selon l’organisation.
Climat : des émissions de gaz à effet de serre en hausse
En matière d’environnement, plus de la moitié des groupes du CAC 40 (22 entreprises) ont déclaré des émissions de gaz à effet de serre en hausse en 2017, relève Attac. "Très rares sont celles qui ont des objectifs conformes aux engagements qui ont été pris lors de la COP21", le sommet sur le climat qui s’était tenu à Paris en décembre 2015, déplore l’organisation. Qui accuse ces groupes de "jouer avec les chiffres ou avec les effets d’annonce" en matière de responsabilité environnementale.
Constat : le capitalisme financier à bout de souffle
"Je pense que ces chiffres montrent que le capitalisme financier tel qu’il existe arrive au bout, et qu’il faut qu’on arrive à inventer une autre forme de capitalisme ou d’économie de marché", a réagi la secrétaire d’État à la Transition écologique Emmanuelle Wargon, dimanche soir sur LCI.
Au niveau de la France, "les entreprises devront participer à un nouveau pacte pour la Nation, cela me paraît assez évident", a ajouté la secrétaire d’Etat, ancienne membre des instances dirigeantes du groupe Danone. Face à la dénonciation des inégalités porté notamment par le mouvement des gilets jaunes, Emmanuelle Wargon estime que les entreprises ont leur part à jouer."La question du pouvoir d’achat n’est pas seulement une question fiscale et de redistribution, c’est aussi une question de salaires, donc je pense qu’à un moment la discussion reviendra avec les entreprises", a-t-elle déclaré.
La rédaction avec AFP
(1) le rapport est à lire en intégralité ici

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