Référendum en Nouvelle-Calédonie : la France conserve sa principale ressource minière avec 25 % du nickel mondial

Le 4 novembre, la Nouvelle-Calédonie s'est prononcé majoritairement contre l'indépendance. - @TheoRouby/AFP
Le 4 novembre, la Nouvelle-Calédonie s'est prononcé majoritairement contre l'indépendance. – @TheoRouby/AFP

[Mis à jour le 4 novembre] Dimanche 4 novembre, les habitants de Nouvelle-Calédonie se sont exprimés majoritairement contre l’indépendance de ce territoire. Pour la France, l’enjeu était de taille puisque l’Archipel détient 20 à 25 % des ressources de nickel de la planète et d’importantes richesses dans sa zone maritime.

Lors du référendum du dimanche 4 novembre, la Nouvelle-Calédonie, territoire français depuis 1853, s’est exprimé à 57,3 % contre l’indépendance l’Archipel. "Les électeurs se sont exprimés aujourd’hui majoritairement pour que la Nouvelle-Calédonie reste française. Je veux dire la fierté pour le chef de l’État que la majorité des Calédoniens aient choisi la France", a déclaré Emmanuel Macron. 
Pour la France, l’enjeu était de taille au moment où la montée en puissance de la Transition énergétique décuple la demande de nombreux métaux. Or, alors que la Métropole est pauvre en ressources minières, ce territoire du Pacifique détiendrait jusqu’à 25 % des réserves mondiales de nickel. Cela fait même de la France le cinquième exportateur mondial.
Effondrement des cours
Le cours de ce métal est déprimé ces dernières années. Il vaut aujourd’hui 12 000 euros par tonne, contre près de 50 000 dollars en 2007. Pour les indépendantistes du FLNKS, cette "manne" est toutefois clé en vue d’une indépendance viable. Aujourd’hui, 70 % de la production provient toutefois de pays à bas coûts (Chine, Indonésie, Brésil, Madagascar, Philippines), qui inondent le marché et fragilisent l’industrie néo-calédonienne.
Au-delà de ce métal indispensable pour la fabrication de l’acier inoxydable, le secteur du bâtiment, ou encore les batteries, la zone économique exclusive (ZEE) de 1,4 million de kilomètres carrés du "Caillou" recèle d’immenses ressources en matière de pêche, d’énergies marines renouvelables, de réserves minières, de micro-algues…
Puissance chinoise
Enfin, elle a un intérêt stratégique. Comme le rappelle Emmanuel Macron, la France est le dernier pays européen du Pacifique en prenant en compte le Brexit. "Je crois (…) dans la place que ce territoire occupe dans une stratégie plus large que nous devons avoir dans toute la région", assure le Chef de l’État.
Il constate que les États-Unis "ont plutôt tourné le dos à la région ces derniers mois", et que la Chine était "en train de construire son hégémonie pas à pas". Entre 2006 et 2014, Pékin a injecté 1,8 milliard de dollars dans les pays insulaires du Pacifique, devenant le troisième pourvoyeur d’aide au développement après l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Face à la voracité chinoise, ces deux derniers pays ne cessent de répéter ces dernières années que la France est nécessaire à la stabilité de cette partie du monde. L’archipel, situé à 2 000 km à l’est des côtes australiennes, abrite la plus importante base militaire française du Pacifique.
Ludovic Dupin avec AFP

Aller au contenu principal