Les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’énergie devraient encore croître en 2018, pour la deuxième année consécutive, une "très mauvaise nouvelle" pour le climat, a indiqué le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) Fatih Birol.
"Je suis désolé, j’ai une très mauvaise nouvelle," a lancé Fatih Birol, Directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), lors d’un débat sur la lutte contre le réchauffement climatique organisé à l’ambassade de Pologne de Paris, pays hôte de la COP24 prévue en décembre à Katowice.
Au vu des chiffres des neufs premiers mois de l’année, "les émissions cette année vont croître une fois encore, et nous allons avoir une COP au moment où les émissions mondiales atteindront un record", a-t-il ajouté.
En 2017, les émissions de CO2 liées à la combustion des énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole) – qui représentant plus des trois quarts des émissions globales – étaient reparties à la hausse après trois années de stagnation. Elles avaient cru de 1,4 %, à 32,5 gigatonnes, en particulier en raison d’une "robuste" croissance économique mondiale (+3,7 %), de prix bas pour les combustibles fossiles et de moindre efforts réalisés en matière d’efficacité énergétique.
Agir tout de suite
Or pour rester sous 1,5°C de réchauffement, déjà source de forts impacts, il faudrait que les émissions de CO2 déclinent bien avant 2030 et fortement (-45 % d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010), relevaient le rapport des experts climat de l’ONU (Giec) début octobre.
En réponse, Laurent Fabius, président de la COP21 en 2015, a appelé à agir "d’ici 2020". "J’insiste sur ces deux prochaines années, les pays doivent revoir leurs engagements", a-t-il appelé, lors de ce débat, au côté du président de la COP24, le secrétaire d’État polonais Michal Kurtika. "Quand vous regardez les conséquences tragiques du changement climatique, c’est aujourd’hui, et pas dans 50 ans", a insisté l’ancien ministre français.
La communauté internationale s’est engagée à la COP21 de Paris en 2015 à agir pour réduire les émissions afin de limiter le réchauffement à 2°C voire 1,5°C par rapport au niveau de la Révolution industrielle. L’accord incite les pays à revoir à la hausse leurs engagements, qui à ce stade conduisent le monde bien au-delà de 3°C.
Ludovic Dupin avec AFP