La décarbonation du transport routier de marchandises ne présente que des avantages (ou presque)

Le passage à des camions propres permettrait de réduire la pollution atmosphérique de 30 % et éviterait l’importation de 11 milliards barils de pétrole d’ici 2050. - @Flickr
Le passage à des camions propres permettrait de réduire la pollution atmosphérique de 30 % et éviterait l’importation de 11 milliards barils de pétrole d’ici 2050. – @Flickr

Ils sont jusqu’à présent toujours passés à la trappe, mais les poids-lourds pourraient bientôt revoir eux aussi leurs émissions de CO2 à la baisse. Un règlement est en cours de discussion en ce sens au sein de l’Union européenne. Selon une récente étude, cela présenterait de nombreux avantages : réduction de la pollution atmosphérique, création d’emplois, hausse du PIB et réduction du nombre de barils importés. Mais cette décarbonation du secteur du transport routier suppose également de lourds investissements.

Ils ne représentent que 5 % des véhicules en circulation au sein de l’Union européenne mais 22 % des émissions de CO2. Et ce chiffre pourrait encore croître de 10 % d’ici la fin de la décennie. Alors que Bruxelles a imposé de nouvelles normes de pollution aux constructeurs automobiles, le secteur du transport routier y avait pour l’instant toujours échappé. Depuis mai, un règlement en cours de discussion change la donne. Il prévoit pour la première fois une réduction des émissions de CO2 de 15 % d’ici 2025 et de 30 % d’ici 2030.
Cela a provoqué une levée de boucliers chez les professionnels. Pourtant, selon une étude publiée début septembre (1) par un consortium de parties prenantes du secteur, la décarbonation du transport routier de marchandises aurait tout à gagner. 
"Les transports sont le seul secteur dans lequel les émissions de CO2 de l’UE sont aujourd’hui supérieures à celles de 1990. Ce fardeau devient de plus en plus lourd à mesure que l’Europe s’efforce de s’acquitter de ses obligations pour le climat imposées par l’Accord de Paris. Le secteur de la logistique doit réinventer sa chaîne de valeur afin de réduire les émissions locales et internationales, et tirer parti de nouveaux modèles économiques offerts par un parc électrique et des réseaux de recharge intelligents" analyse Erik Wirsing, vice-président Innovation mondiale chez DB Schenker.
Jusqu’à 58 milliards d’euros de PIB supplémentaire  
Le passage à des camions propres permettrait de réduire la pollution atmosphérique de 30 % par kilomètre parcouru d’ici 2020, éviterait l’importation de 11 milliards barils de pétrole d’ici 2050, créerait 120 000 emplois nets d’ici 2030 et générerait jusqu’à 58 milliards d’euros de PIB supplémentaires d’ici la moitié du siècle.   
"Les technologies à émission zéro évoluent rapidement. Comme le montre cette étude, elles pourraient devenir extrêmement avantageuses en termes de coûts d’ici quelques années. Les entreprises et les politiques devront de la même manière décider d’investir leur capital politique et financier dans une technologie du diesel dépassé, ou prendre part à cette nouvelle course technologique mondiale" explique Pete Harrison, directeur du programme des transports à la Fondation européenne pour le climat.  
Cette transformation nécessite un lourd investissement allant de 80 à 140 milliards d’euros d’ici 2050. Mais selon la Commission européenne, la réduction des émissions de CO2 de 30 % des camions en 2030 devrait entraîner des baisses de consommation qui permettront aux transporteurs d’économiser 25 000 euros sur cinq ans.
Concepcion Alvarez @conce1
(1) Lire l’étude relayée par la Fondation européenne pour le climat   

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