Des employés de Google protestent contre un moteur de recherche adapté à la censure chinoise

Aujourd'hui, Google est absent du marché chinois, le plus grand au monde pourtant. - @Google
Aujourd'hui, Google est absent du marché chinois, le plus grand au monde pourtant. – @Google

Google envisage de retourner en Chine avec un moteur de recherche compatible avec les exigences de la censure chinoise. Même si la direction du groupe assure que ce projet n’en est qu’à un stade de réflexion, un mouvement de protestation est né au sein des salariés de la firme américaine.

Des centaines d’employés de Google ont signé une lettre de protestation contre le développement d’une version de son moteur de recherche adaptée aux exigences de censure en Chine, selon le New York Times. Quelque 1 400 signataires demandent plus de transparence pour comprendre les implications "éthiques" de ce projet, selon cette lettre qui circule dans le système de communication interne, ont indiqué au journal trois sources qui ont pris connaissance de ce document.
"Actuellement nous n’avons pas assez d’information pour prendre des décisions éclairées sur le plan éthique concernant notre travail, nos projets et notre emploi", selon un extrait de la lettre cité jeudi par le Times. Face à la censure et aux cyberattaques, le géant californien avait retiré son moteur de recherche de Chine en 2010 et nombre de ses services restent depuis bloqués dans la deuxième économie mondiale.
Un sujet exploratoire
Mais Google est en train de tester un moteur de recherche conforme aux exigences des autorités chinoises, au grand dam de militants des droits de l’Homme et d’employés, a rapporté début août le magazine en ligne The Intercept, une information confirmée à l’AFP par un employé de Google. Ce projet est baptisé "Dragonfly".
Le patron de Google Sundar Pichai a assuré, selon des propos rapportés vendredi par l’agence Bloomberg, que la piste d’un retour du géant de l’internet en Chine était pour l’heure "exploratoire". "Nous ne sommes pas proches d’un lancement d’un moteur de recherche en Chine", a-t-il assuré devant le personnel, selon une retranscription que Bloomberg a pu consulter.
"Notre mission est d’organiser l’information du monde et la Chine représente 20% de la population mondiale. Je pense que si nous souhaitons remplir notre mission, nous devons réfléchir sérieusement à comment faire plus dans ce pays", a ajouté Sundar Pichai.
Deuxième fronde en 2018
Ce n’est pas la première fronde de salarié à laquelle doit faire face Google. Au premier semestre, c’est le projet Maven mené par Google en collaboration avec le Département de la Défense américaine qui avait fait débat. Lorsque ce projet a été révélé, par voie de presse, en mars dernier, le sang des salariés du géant d’Internet, dont le mantra est "Don’t Be Evil" (ne faites pas le mal), n’a fait qu’un tour.
4 000 employés (sur 80 000) de la firme de la Silicon Valley avaient alors signé une pétition pour mettre fin au projet. Début juin, Diane Greene, directrice du département Google Cloud Business, a finalement annoncé que ce programme ne sera pas reconduit en 2019. Elle a dû renoncer à un marché potentiel de plus de 250 millions de dollars annuels. Puis, en cas de commandes, les gains se seraient comptés en milliards.
Ludovic Dupin avec AFP

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