Uber promet des taxis-drones volants à Paris dès 2025

Uber a noué un partenariat en France avec l'École polytechnique pour plancher sur la commercialisation de taxis-drones volants, autonomes et électriques, d'ici 2023. - @Uber
Uber a noué un partenariat en France avec l'École polytechnique pour plancher sur la commercialisation de taxis-drones volants, autonomes et électriques, d'ici 2023. – @Uber

Décrié par certains, Uber s’est imposé en quelques années comme un acteur incontournable de la mobilité. L’entreprise américaine entend jouer un rôle clé dans la ville durable de demain. Recherche sur des taxis-drones volants d’ici 2023, déploiement plus large d’UberPool et d’UberGreen pour réduire les émissions de CO2, multiplication des partenariats pour proposer une offre multimodale… Alexandre Droulers, le patron de la mobilité Uber en Europe de l’Ouest, imagine ce à quoi vont ressembler nos déplacements de demain.

Novethic : Uber ouvrira à l’automne un centre de recherche à Paris sur les taxis-drones volants. À quel horizon, seront-ils en fonctionnement ?


Alexandre Droulers : En effet, nous allons ouvrir un Centre de Technologies Avancées à Paris, le premier mis en place en dehors de l’Amérique du Nord. La France dispose d’ingénieurs de renommée mondiale et joue un rôle de premier plan dans le domaine de l’aviation. C’est pourquoi Uber va y investir plus de 20 millions d’euros sur les cinq prochaines années. Notre objectif est de proposer une alternative sûre et silencieuse pour désengorger les villes avec des appareils électriques à décollage et atterrissage verticaux. Les premiers vols de démonstration UberAIR se feront à Dallas et Los Angeles d’ici 2020. Et leur commercialisation est prévue pour 2023 aux États-Unis et 2025 en France.

Outre UberAir, quelle est votre vision de la mobilité de demain ? 
Notre ambition est de remplacer l’usage de la voiture individuelle (1) par un service de mobilité partagée, propre et multimodale afin que demain chaque déplacement se fasse de la façon la plus optimale, que ce soit en transports en commun, en vélo, à pied, en UberPool ou même en UberAir. Pour cela, il faut des outils simples, car c’est ce qui a fait le succès de la voiture pendant des décennies. Mais, ce modèle est aujourd’hui remis en cause par un mouvement global vers une mobilité plus durable, avec des villes plus agréables, moins polluées, moins saturées.
Mais, cela ne fonctionne pas si les clients continuent à monter seuls dans les Uber…
C’est justement pour cela que nous misons sur UberPool, le système de partage de trajet avec d’autres clients. Cela concerne près d’un trajet sur trois à Paris. C’est un sur deux à San Francisco. Et demain, on espère que la majorité des trajets se feront en Pool. Pour cela, nous avons modifié l’application et nous proposons désormais aux utilisateurs de marcher un peu pour rejoindre un Uber partagé. Cela permet de réduire les détours et d’augmenter les propositions de trajets mutualisés. Nous faisons aussi un travail de sensibilisation auprès des chauffeurs pour leur expliquer que c’est la meilleure option pour la planète, mais aussi pour leurs portefeuilles.
Vous avez aussi lancé UberGreen en région parisienne en 2016. Où en êtes-vous ?  
On compte 1 500 chauffeurs (sur 25 000 en France) qui roulent en électrique ou en hybride. Nous essayons là aussi de faire beaucoup de pédagogie et de lever certaines craintes. Nous avons également noué des partenariats avec des constructeurs automobiles pour proposer des offres intéressantes à nos chauffeurs et nous subventionnons l’achat de ces véhicules électriques à hauteur de 4 000 euros. Uber Green a déjà été utilisé par 136 000 clients depuis son lancement.
Comment travaillez-vous avec les autres acteurs de la mobilité pour proposer une offre élargie ? 
Nous multiplions les partenariats. À San Francisco et à Washington, par exemple, l’appli Uber recense les vélos disponibles à proximité et permet de les réserver. Toujours aux États-Unis, on va pouvoir réserver un ticket de train via l’appli pour compléter son trajet. Et à Summit, dans le New Jersey, nous avons noué un partenariat avec la ville. Tous les trajets domicile-gare son ainsi subventionnés afin de limiter l’usage de la voiture et renforcer l’attractivité du train. 
Vous êtes souvent pointés du doigt sur le volet social car vos chauffeurs sont tous indépendants. Comment améliorez-vous leur protection ?   
Nous venons de lancer un partenariat inédit avec Axa pour proposer gratuitement à nos 35 000 chauffeurs et coursiers une protection santé et prévoyance. Nous sommes la première entreprise du secteur à le faire. Notre défi est de pérenniser notre relation avec eux et de multiplier les espaces de discussions et d’échanges. Depuis janvier, nous avons limité la connexion des chauffeurs à dix heures consécutives, avec six heures de pause. Nous avons aussi créé l’option pourboires, ainsi que la facturation du temps d’attente pour améliorer leur rentabilité.
Propos recueillis par Concepcion Alvarez @conce1
(1) En moins de cinq ans, le développement de l’offre des VTCs a déjà permis la suppression de 21 000 à 30 000 voitures individuelles en France d’après un rapport de l’Ademe.

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